CR - Arbailles novembre 2014

Camp dans les Arbailles du 6 au 11 novembre 2014. 9 participants, passage d'Alexis du Pays Basque et de Jean-Louis avec sa famille.

Arrivée anticipée de Jacko, Mado, Filou et Olivier dès le jeudi. Pour une fois dû à notre organisation tardive le cayolar du bas étant déjà réservé nous avons négocié celui du haut. Il est au poil excepté la cheminée qui nous a très largement fumée sur place avec les rafales de vent à l'extérieur. Sinon le soleil a plutôt été au rendez-vous alors avant d'hiverner dans nos cavités nous en avons profité pour faire de multiples excursions sur les sommets alentours : la Fontaine, chez Félix, la zone CH et pleins de prospections également, sans oublier une pointe au fond pas encore le fond de la Cantinière.


En zone CH nous avons "élargit" pour ne pas dire créé le "Petit Gouffre du Grand Cairn" (HE 481 oui il est en limite de la zone CH). Ensuite au cours d'une journée descente jusqu'à la Grande Perte (CH 251), Olivier L a trouvé le CH 453 qui ne présente pas de grand intérêt si ce n'est que de démontrer qu'il peut y avoir des trous dans la pente terreuse et en remontant à travers le lapiaz sur la partie exposée au sud de la zone, Olivier D a trouvé "Des Cordes et des Filles" (CH 454) - en hommage à notre président de Ligue - qui semble intéressant mais qui n'a pas été descendu. L'accès pour y retourner sera amusant étant donné la façon dont le paysage est déchiqueté.

Le dimanche et le lundi, grosse progression dans la Cantinière avec un résumé complet par Olivier Delord.


 

Gouffre de la Cantinière - HE 1 - Secteur Heguillore

Massif des Arbailles - Commune d'Aussurucq

 

 

Dimanche 9 novembre 2014

 

Participants : Alain Ravanne (dit le Chef), Jacquot, Olivier Laveine, Jean-Louis Thomaré, Olivier Delord.

 

En juillet dernier nous étions resté sur le P. 25 (ou 50 m selon l'éclairage..) que nous avions descendu Alain puis Roger et moi le lendemain. Au fond, point de suite, l'eau disparaissait dans un petit méandre étroit et le courant d'air, sensible à la tête de puits, avait lui aussi disparu. En remontant de 2 mètres, j'étais allé voir une belle galerie mais qui, après un coude, remontait et se pinçait en trémie. En remontant sur la corde vers le haut du puits j'avais pu voir un autre grande galerie à 7 ou 8 mètres du fond mais sans suite évidente et à quelques mètres en dessous de la tête de puits, une autre galerie plus petite située au dessus de la principale vue précédemment. Rien de probant pour la suite, mais il fallait voir de près pour en avoir le cœur net.

 

Cette fois, nous y redescendons avec un perfo et des amarrages en plus, bien décidés à en percer le mystère. Jean-Louis, Alain et moi partons devant au fond, tandis que Jacquot et Olivier complètent la topo et notamment la nouvelle partie constituée du Shunt avec les deux puits – équipés par Roger en juillet dernier – qui nous permettent d'arriver plus rapidement dans la salle de la Boussole. A partir de là, il restait aussi à topographier les parties étroites, boueuses et lubriques jusqu'au Passage du 8 Juin qui donne sur le nouveau P. 25/50 [Puits des Oliviers ?].

Arrivés donc sur la tête de puits du p. 25/50, Jean-Louis part avec tout le fourbi du perfo, des amarrages et autres sangles. Il part bille en tête dans la première galerie, la plus petite en partant du haut du puits, le courant d'air passant par là. Après une vire scabreuse équipée, Alain et moi descendons le rejondre et continuons la progression et l'équipement avec la pose d'une main courante : nous sommes dans un méandre obstrué au sol par des blocs, de la terre et il est évident que nous sommes à l'aplomb de la grande galerie aperçue en juillet dernier. D'ailleurs, nous sommes très vite devant un puits d'une petite dizaine de mètres à descendre avec un départ pour le moins scabreux. Jean-Louis y descend et arrive effectivement dans la galerie d'en dessous, Alain le suit et tous deux me disent que le courant d'air sort d'un méandre haut à quelques mètres avant de poser les pieds dans la galerie. Pour le coup, étant sur la corde, j'aperçois un beau départ et surtout je sent le courant d'air frais qui surgit de là. Je prends pied sur un palier, me défais de la corde et pars voir la probable suite du gouffre. Quatre ou cinq mètres après, un petit puits barre la progression, des cailloux jonchent le sol et c'est l'instant de vérité : le bloc passe par un goulet noir et... le silence pendant plusieurs secondes avant un grand vacarme : pfffffuuuu, c'est haut ! Je me dis que l'on n'est jamais très fort pour ce calcul. Je demande le silence à mes congénères et recommence l'opération avec un bloc plus gros cette fois, le verdict tombe : c'est le vide sidéral, la suite est là sans aucun doute. Jacquot et Olivier nous ont rejoint dans la nouvelle galerie et nous décidons d'en finir là pour aujourd'hui, il commence à se faire tard et une garbure nous attend.

Arrivés à l'extérieur, des bons samaritains Limogeots nous ont laissé des bières au pied de nos kits que nous vidons prestement en attendant que tout le monde soit sorti. Il tombe une pluie fine, la nuit est d'encre et le vent redoutable lors de la traversée retour du plateau d'Udoya. Jean-Louis parti au devant se perd sur le plateau, une Scurion va et vient sur le plateau à la recherche du bon chemin. Retour au cayolar et à la bonne humeur du doux foyer pas trop enfumé pour cette fois.


 

Lundi 10 novembre 2014

 

Participants : le Chef (Alain Ravanne dir le Baron), Joël Marouseau, Jean-Louis Thomaré, Alexis Augustin, Oliver Delord.

 

L'équipe s'est renforcée de Joël Marouseau et d'Alexis Augustin du Leize Mendi de St-Jean-Pied-de-Port qui nous porte des Spits inox et son perfo en renfort. Jean-Louis devrait nous rejoindre plus tard dans le trou.

Dans les alentours de midi, alors que le soleil est radieux, nous entamons la descente du grand P. 70 d'entrée, et nous n'avons pas vu un choucas depuis hier à l'intérieur. Nous nous divisons en deux équipes : une composée d'Alexis et moi pour déséquiper la petite galerie afin accéder directement à la grande en dessous et équiper la petite montée au terminus de la veille. Pendant ce temps là, Alain et Joël changent les mousquetons alu du Shunt qui ont déjà mal vieilli et les remplacent par de l'inox. Au passage nous descendons toutes les cordes stockées ça et là pour la suite ; une C. 80 nous attend dans la Salle de la Boussole. Le trou est moins humide et boueux que cet été en juin et juillet où des pipis d'eau nous coulaient dessus, l'automne a été sec et chaud aussi en Soule. Au P. 25/50, je pars avec le perfo d'Alain et tout l'attirail pour descendre jusqu'au méandre en hauteur pour l'équiper avec une corde afin que tout le monde puisse y accéder par le bas, directement par la grande galerie. Alexis enlève tout derrière moi et se charge d'équiper l'accès direct à la galerie. Une main courante doublée ainsi qu'un Y sont installés et Alexis me rejoins, Alain et Joël ne tardent pas à nous rattraper. Devant nous, un petit puits de 3-4 m donne dans une galerie en dessous de nos pieds : 2 Spits plus tard nous nous retrouvons tous en bas devant le goulet noir aperçu la veille. C'est le moment d'y jeter encore et encore des blocs qui mettent un temps long et certain à se pulvériser 200 m plus bas, à vue de nez, au pifomètre. Mes amis, matez moi l'abysse ! Pause déjeuner tandis que Jean-Louis arrive, le Chef, dans un mouvement de vaillance et d'ardeur digne du Poilu en cette veille du 11 novembre, part seul dans le ténébreux tréfond du plateau d'Udoya... Juste en dessous, il faut installer un fractionnement, puis un moment après, il entame la descente : c'est grand, c'est énooooorme, le puits est de vastes dimensions et il ne voit pas le fond. Un quizaine de mètres plus bas, il faut de nouveau fractnous rendre compte avec son éclairage électrique puissant des dimensions du puits. D'en haut nous essayons de comprendre ce qu'il se passe mais les voix font écho, on ne comprend pas grand chose. Un moment nous entendons qu'Alain a besoin de corde, ça veut dire que celle de 80 est finie et qu'il en faut encore. Alexis, le deuxième Poilu de la sortie, repart dans la Salle de la Boussole où il doit y avoir une corde de 20 ou 30 m restée sur un bloc ; il récupérera un autre bout de nouille, du rabiot qui traînait par là.

Mais au moment où il revient, Jean-Louis est sur la corde et Alain a entamé lui aussi la remontée. Lorsqu'il débouche du goulet, il nous apprend qu'au fond il était en bout de corde, mais qu'il a pu arriver en bas du puits, ça se rétrécit, ça mérite un tir pour descendre dans un autre puits à la suite. Les nouvelles sont bonnes, voire excellentes et dans l'enthousiasme Alexis et moi descendons voir la Bête. Le début est entre deux paroies constituées de terre séchée qui a tendance à se détacher en plaques puis, arrivé au second fractionnement 15 m plus bas, nous sommes face à un gigantesque mur lisse qui file vers le bas. Une longue tirée estimée à une cinquantaine de mètres nous amène à rejoindre un canyon où coule de l'eau, sans doute celle qui disparaît dans le petit méandre étroit en bas du P.25/50. Le calcaire du puits, à partir de cet endroit, prend une teinte très sombre, noire et l'eau en a corrodé la surface, ce qui le rend extrêmement glissant. Un dernier fractionnement d'une dizaine de mètres avant le fond et nous voici à la base du puits, c'est un endroit humide et ruisselant et sans doute qu'en période de fortes eaux, le lieu doit être très arrosé ! Un bloc est coincé solidement dans une fissure qui donne sur un nouveau puits estimé à une trentaine de mètres, le bruit des blocs jetés dedans nous indique que le sol est rocheux : pas de boue, donc plutôt actif.

Alexis et moi jugeons que nous pouvons passer sans tir, il suffit juste de planter 2 Spits pour amarrer un Y, cependant, pour plus de confort pour tout le monde, un tir sera bienvenu. Le courant d'air est ici et n'a pas faiblit ce qui laisse présager une suite intéressante pour les sorties futures ! Arrêt sur manque de matos : plus de cordes assez longues, plus d'amarrages, il ne reste qu'à remonter car une poëlée de cèpes à la Sarladaise nous attend au cayolar ! Arrivés en bas du P. 70, nous sommes bloqués dans notre ascension par Joël qui s'amuse à sortir de son baudrier en plein puits : sans doute pour voler avec nos amis les choucas qui sont revenus dans le haut du P. 70. En fait, rien à voir avec l'ivresse des profondeurs ou je ne sais quoi d'autre d'hallucinatoire : le demi-rond de son baudrier s'est ouvert et une boucle s'est sortie mais au final, plus de peur que de mal. Je ferme la marche en déséquipant le puits d'entrée. La corde du rappel guidée ainsi que la vire en bas du puits d'entrée sont restées en place.

Au fond du trou, rien n'est resté : pas d'amarrage ni de corde (si ce n'est une petite longueur stockée en haut du P. 70/200 !

A bientôt à la Cantinière, de bonnes surprises nous y attendent !

Olivier D.