CR - Arbailles novembre 2014 - Cantinière : lundi

 

Lundi 10 novembre 2014

 

Participants : le Chef (Alain Ravanne dir le Baron), Joël Marouseau, Jean-Louis Thomaré, Alexis Augustin, Oliver Delord.

 

L'équipe s'est renforcée de Joël Marouseau et d'Alexis Augustin du Leize Mendi de St-Jean-Pied-de-Port qui nous porte des Spits inox et son perfo en renfort. Jean-Louis devrait nous rejoindre plus tard dans le trou.

Dans les alentours de midi, alors que le soleil est radieux, nous entamons la descente du grand P. 70 d'entrée, et nous n'avons pas vu un choucas depuis hier à l'intérieur. Nous nous divisons en deux équipes : une composée d'Alexis et moi pour déséquiper la petite galerie afin accéder directement à la grande en dessous et équiper la petite montée au terminus de la veille. Pendant ce temps là, Alain et Joël changent les mousquetons alu du Shunt qui ont déjà mal vieilli et les remplacent par de l'inox. Au passage nous descendons toutes les cordes stockées ça et là pour la suite ; une C. 80 nous attend dans la Salle de la Boussole. Le trou est moins humide et boueux que cet été en juin et juillet où des pipis d'eau nous coulaient dessus, l'automne a été sec et chaud aussi en Soule. Au P. 25/50, je pars avec le perfo d'Alain et tout l'attirail pour descendre jusqu'au méandre en hauteur pour l'équiper avec une corde afin que tout le monde puisse y accéder par le bas, directement par la grande galerie. Alexis enlève tout derrière moi et se charge d'équiper l'accès direct à la galerie. Une main courante doublée ainsi qu'un Y sont installés et Alexis me rejoins, Alain et Joël ne tardent pas à nous rattraper. Devant nous, un petit puits de 3-4 m donne dans une galerie en dessous de nos pieds : 2 Spits plus tard nous nous retrouvons tous en bas devant le goulet noir aperçu la veille. C'est le moment d'y jeter encore et encore des blocs qui mettent un temps long et certain à se pulvériser 200 m plus bas, à vue de nez, au pifomètre. Mes amis, matez moi l'abysse ! Pause déjeuner tandis que Jean-Louis arrive, le Chef, dans un mouvement de vaillance et d'ardeur digne du Poilu en cette veille du 11 novembre, part seul dans le ténébreux tréfond du plateau d'Udoya... Juste en dessous, il faut installer un fractionnement, puis un moment après, il entame la descente : c'est grand, c'est énooooorme, le puits est de vastes dimensions et il ne voit pas le fond. Un quizaine de mètres plus bas, il faut de nouveau fractnous rendre compte avec son éclairage électrique puissant des dimensions du puits. D'en haut nous essayons de comprendre ce qu'il se passe mais les voix font écho, on ne comprend pas grand chose. Un moment nous entendons qu'Alain a besoin de corde, ça veut dire que celle de 80 est finie et qu'il en faut encore. Alexis, le deuxième Poilu de la sortie, repart dans la Salle de la Boussole où il doit y avoir une corde de 20 ou 30 m restée sur un bloc ; il récupérera un autre bout de nouille, du rabiot qui traînait par là.

Mais au moment où il revient, Jean-Louis est sur la corde et Alain a entamé lui aussi la remontée. Lorsqu'il débouche du goulet, il nous apprend qu'au fond il était en bout de corde, mais qu'il a pu arriver en bas du puits, ça se rétrécit, ça mérite un tir pour descendre dans un autre puits à la suite. Les nouvelles sont bonnes, voire excellentes et dans l'enthousiasme Alexis et moi descendons voir la Bête. Le début est entre deux paroies constituées de terre séchée qui a tendance à se détacher en plaques puis, arrivé au second fractionnement 15 m plus bas, nous sommes face à un gigantesque mur lisse qui file vers le bas. Une longue tirée estimée à une cinquantaine de mètres nous amène à rejoindre un canyon où coule de l'eau, sans doute celle qui disparaît dans le petit méandre étroit en bas du P.25/50. Le calcaire du puits, à partir de cet endroit, prend une teinte très sombre, noire et l'eau en a corrodé la surface, ce qui le rend extrêmement glissant. Un dernier fractionnement d'une dizaine de mètres avant le fond et nous voici à la base du puits, c'est un endroit humide et ruisselant et sans doute qu'en période de fortes eaux, le lieu doit être très arrosé ! Un bloc est coincé solidement dans une fissure qui donne sur un nouveau puits estimé à une trentaine de mètres, le bruit des blocs jetés dedans nous indique que le sol est rocheux : pas de boue, donc plutôt actif.

Alexis et moi jugeons que nous pouvons passer sans tir, il suffit juste de planter 2 Spits pour amarrer un Y, cependant, pour plus de confort pour tout le monde, un tir sera bienvenu. Le courant d'air est ici et n'a pas faiblit ce qui laisse présager une suite intéressante pour les sorties futures ! Arrêt sur manque de matos : plus de cordes assez longues, plus d'amarrages, il ne reste qu'à remonter car une poëlée de cèpes à la Sarladaise nous attend au cayolar ! Arrivés en bas du P. 70, nous sommes bloqués dans notre ascension par Joël qui s'amuse à sortir de son baudrier en plein puits : sans doute pour voler avec nos amis les choucas qui sont revenus dans le haut du P. 70. En fait, rien à voir avec l'ivresse des profondeurs ou je ne sais quoi d'autre d'hallucinatoire : le demi-rond de son baudrier s'est ouvert et une boucle s'est sortie mais au final, plus de peur que de mal. Je ferme la marche en déséquipant le puits d'entrée. La corde du rappel guidée ainsi que la vire en bas du puits d'entrée sont restées en place.

Au fond du trou, rien n'est resté : pas d'amarrage ni de corde (si ce n'est une petite longueur stockée en haut du P. 70/200 !

A bientôt à la Cantinière, de bonnes surprises nous y attendent !

Olivier D.