CR - Arbailles Août 2013

Il n’est plus besoin de présenter le Massif des Arbailles car tous les membres le connaissent ; cette année encore le camp d’été s’est installé au Cayolar, point névralgique des explorations. Et tout comme les stations balnéaires gagnent en fréquentation, le Cayolar aussi gagne en importance, si bien que plus de 25 personnes s’y sont données rendez-vous au moment de notre arrivée.

Partis le vendredi 02 août à 08h00 pétantes de Limoges, quelques pauses cafés, bières et déjeuner plus tard nous atteignons dans le milieu de l’après-midi – malgré le passage laborieux de Bordeaux et le kidnapping de la RN – notre formidable pâture sise à proximité du Cayolar où Roger et Jacko se sont déjà installés.

Le séjour débute donc en présence de Clara, Madau, Roger, Jacko, Manu et moi-même.

Le temps est au beau fixe et l’apéro salvateur.

 

      Samedi 03 août

Réveillés par le doux tintement des cloches de nos amies les vaches, nous décidons d’entreprendre la Petite Bidouze, l’occasion d’amener Clara sous terre. Plusieurs groupes du Cayolar y ont été depuis le début du camp, un autre groupe a prévu d’y descendre ce même jour mais les premiers levés sont les premiers dedans ! Roger qui connaît bien nous guide sans problème, la température de l’eau n’est pas désagréable d’autant que son niveau est assez bas, la néoprène se révèle finalement superflue, il n’y a qu’un seul endroit qui nécessite deux ou trois brasses.

Après avoir fait trempette nous cassons la croûte sur place, laissant le matériel à sécher alors que le soleil pâlit régulièrement.


 

 

      Dimanche 04 août

Roger qui a récemment recherché un trou exploré il y a longtemps et délaissé (HE302), pense l’avoir localisé, nous partons donc en débroussailler l’entrée avant de manger ; je tente de localiser sans succès les autres qui « devaient » se trouver à proximité (ils seront tout de même retrouvés). Une fois mise au jour l’entrée est assez impressionnante, à flanc de doline rien ne peut éviter de tomber accidentellement dedans. L’idée serait de faire une cavité d’initiation sur le Massif à proximité du Cayolar.

L’après-midi Roger équipe donc l’entrée comme un chef et nous descendons l’immense puits d’entrée, guidant Clara à notre suite. Aussitôt descendue Clara remonte et aura même l’amabilité de nous attendre à la sortie du trou pendant que nous descendons toujours plus loin… dans les puits glaiseux. Touchant le fond du dernier puits (le seul à être propre), nous découvrons que l’aventure s’arrête sur un double méandre impraticable sans désob. Au final la cavité ne se prête pas à des initiations pour de vrais débutants, mais pour une première dans les Arbailles descendre les deux premiers puits et les remonter est tout à fait possible et formateur.


 

 

      Lundi 05 août

Le matin au réveil nous avons moins d’une heure de soleil avant le retour de la pluie alors il faut en profiter pour parfaire les bronzages tout en sirottant les cafés.

Le Lundi est jour de marché à Tardets, alors nous chargeons nos packetages pleins de glaise dans le coffre de Manu et direction la civilisation ! Sur place les amplettes se multiplient : melons, côtelettes, saucisses et saucissons ont la côte (oublier de passer à la boucherie aurait été un sacrilège) et comme il est déjà midi nous décidons de faire le plein de pizzas avant d’aller manger au bord de l’eau.

Le nettoyage du matériel se fait ranquillement, le séchage posera quant à lui plus de problèmes car la météo n’aura de cesse de se dégrader les jours suivants, alternant nuages bas, pluies et orages.

De retour à notre campement, nous prenons le nécessaire au Cayolar pour aller protéger l’entrée du HE302, piquets et barbelets évitent désormais toute chute accidentelle.


 

 

      Mardi 06 août

Autre objectif de notre séjour : la Cantinière ! L’explo de cette cavité a été relancée en septembre 2012 par Roger et le club et de l’équipement laissé, alors il s’agissait de voir s’il reste du potentiel ou s’il faut déséquiper.

La cavité est magnifique, malgré le guano qui au départ est plutôt salissant. Roger a refait un équipement impeccable comme toujours. Le premier passage étroit en bas du puits d’entrée a été élargit pour le confort. Arrivés dans la seconde salle Roger et Manu ont entreprit l’équipement d’un nouveau puits qui visiblement se pince au fond et ne présente pas d’intérêt, pendant ce temps là Jacko et moi avions pour objectif d’explorer un méandre à mi-hauteur d’un puits post escalade. Le nœud en Y m’ayant posé de longs problèmes Roger a eu tout le loisir de me rejoindre pour cette exploration finalement sans aboutissement. Il reste une lucarne assez importante à explorer via une traversée dans ce puits.

De retour dans la première salle, un passage étroit (qui l’est moins maintenant) donne sur une tête de puits en T plutôt inconfortable à passer. Malgré les efforts combinés de Roro, Manu et du perfo le passage n’a pas voulu céder. Une désob reste donc à finir ici pour équiper la suite qui donne sur un P10 et un P15 d’après l’ancienne topo.

Nous sommes ressortis non sans difficultés en toute fin d’après-midi juste à temps pour l’apéro après avoir retiré la corde de 100M à l’entrée.

A noter que j’ai commencé à élargir un « trou » de la taille d’un terrier à proximité du Cayolar qui avait été repéré par Jacko, il est horizontal mais au fond on peut maintenant apercevoir une diaclase… la suite dans de prochaines aventures.


 

 

      Mercredi 07 août

Une fois n’est pas coutûme, lavage du matériel à la rivière, alors que depuis la veille Emilie, Maeva et Olivier ont gonflé nos rangs. Pique-nique sous un temps changeant mais un léger rayon de soleil tout de même. Le matos aura presque réussi à s’essorer, nous n’irons pas jusqu’à dire sécher vu que dès le retour au campement il recevra une nouvelle averse.

La morosité gagne les rangs, le temps se dégrade encore, malgré le vent et la pluie nous décidons quand même de faire le tour de la grande doline pour voir les trous repérés par Jacko au printemps.

Sur le versant en-face du cayolar il nous dévoile une cavité toute juste défrichée et déblayée, elle l’est assez pour que je me glisse dedans avec une lampe de poche. S’ouvrant en Y la galerie de gauche donne dans un espace large d’un mètre et haut d’un mètre et demi avec un départ à dégager au niveau du sol. L’autre galerie est un ramping qui semble intéressant, je ne me suis pas glissé dedans car la voûte était pleine d’écailles peu rassurantes.

Il faut signaler que ce trou est à proximité immédiate d’un tout nouveau trouvé et ouvert par les Nantais dans lequel il y a déjà plus de deux mètres de haut, présentant deux branches qui se rejoignent au fond et où la suite semble assurée par un écho important. Cela pourrait être une perte haute.

Le soir repas à l’auberge d’Ahusquy, rien à redire le repas et l’accueil étaient au top.


 

 

      Jeudi 08 août

Pas de programme particulier, la tendance est à partir dès le lendemain à cause du temps infecte donc à ne pas se salir. Pour ma part à force d’entendre parler du GA001 je suis décidé à aller y faire un tour. Le petit dej’ à peine terminé et les affaires prêtes direction la soufflerie. Roger m’a demandé de chercher le courant d’air défois qu’un passage aurait été râté avant la fin de la partie désobée. Au moment d’enter un doute s’installe : la cavité est-elle encore équipée ?!? Je verrai bien.

Le ramping est effectivement infernal, mais le travail réalisé dedans est titanesques. Le courant d’air disparaît rapidement, revient parfois et repart. Le méandre bien qu’étroit semble très haut. J’atteins une première escalade qui est encore équipée, ouf, s’ensuit la vire du puits pour la traversée. Suivant les instructions de mes aînés le baudard et le kit sont laissés ici, et l’explo continue. Je teste le courant d’air par endroits, ne trouve rien de spectaculaire, la désob devient de moins en moins nette à mesure que le méandre se poursuit et finalement j’arrive sur la fin de la désob. Le passage est vraiment étroit et la paroi particulièrement agressive. Après une hésitation et me rappelant avoir fait plus serré je rentre dedans sur le flanc. Très vite ça se resserre encore, il faut vider les poches et retirer le casque. Le temps de laisser un papier inscrit « Par là » au cas où… je pousse plus loin et parviens à sortir du passage très serré. Il y a une petite salle, Roger m’en a parlé, donc l’explo s’est terminée ici. Je fais le tour vite fait, rien de particulier à part un méandre à droite. Casque remis, ce méandre bien que serré présente plusieurs « cloches » dans lesquelles je sais que je pourrai me retourner si jamais ça pince trop fort. Trois cloches plus tard le méandre s’élargit à nouveau dévoile bientôt un puits, enfin vu qu’il remonte nous dirons une cheminée. Il y a quelques mètres à escalader, la roche est découpée ce qui permet de le faire avec une bonne sécurité, j’en profite pour purger l’escalade et le haut. Il y a à droite un nouveau méandre et à gauche deux étroites galeries qu’il ne serait pas prudent d’escalader pour voir dedans. J’emprunte donc le méandre de droite assez large pour passer, d’imposants blocs en équilibre au sol et de nombreuses écailles sur les parois appellent à une grande prudence. Après quelques mètres voici une nouvelle cheminée et une escalade qui est purgée au fur et à mesure. En haut le méandre continue à droite, jusqu’à un léger élargissement à l’approche du mondmilch et bientôt le sol se dérobe. Vu la consistance de la roche et du sol je prends mes précautions, il semblerait que je sois dans le haut d’un méandre et la lucarne au sol donne dans un fort élargissement. Je ne me rappelle pas avoir passé ça à l’aller, j’écris donc un mot sur une page de carnet et la laisse tomber dans le « puits »… finalement elle atteint le sol, si je la trouve au retour il s’agit du méandre déjà emprunté, sinon d’un tout nouveau. A ma hauteur devant, le méandre qui remonte fortement se resserre sur une énorme coulée de mondmilch et un fort concrétionnement qui empêche tout passage.

Assez certain d’avoir fait de la première, je lève un croquis rapide sur le retour tout de même un peu déçu de n’avoir pas pu descendre le puits… la spéléo est affaire de patiente. N’ayant pas revu la note au retour cela tend à laisser penser qu’il s’agit d’un autre méandre.

Pendant ce temps là le reste du groupe est en repérage d’anciennes cavités dans le secteur.

Le campement rejoint et le croquis expliqué à Roger, l’entrain pour le GA001 est relancé !

Au bord du soir Jacko trouvera même le temps de nous donner une petite leçon d’informatique.


 

 

      Vendredi 09 août

Sans perdre une minute nous plions le campement, 09h30 Manu et moi-même prenons le chemin du retour.

En partant nous sommes décidés à revenir rapidement pour poursuivre les explorations commencées !!!

 

Olivier – SCHV

 

Voir le croquis du GA001.

 

Photos : Clara, Roger, Jacko, Manu, Olivier.