Géorgie 2001 - Expédition Migaria

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Présentation du massif, de l'expédition et du camp spéléo. Sans oublier le Portfolio.

 

 

1. Massif de Migaria


 

 Description du Massif

 

Le massif de Migaria s’inscrit dans l’alignement des massifs calcaires affectés par les chevauchements et les charriages (zone plissée d’Abkhazie-Rača) qui bordent le flanc méridional du Grand Caucase.

Sa description est limitée par notre connaissance encore trop partielle. Voir le schéma des Massifs.

Le massif n’est pénétrable que par des chemins forestiers. Ces axes nous donnent une représentation très linéaire et bien incomplète de ce que doit être Migaria. Les points de vue sur la cuvette centrale sont rares en raison de l’étonnante densité de la végétation.

La carte au 1/ 50 000 ème nous livre une première approche. La masse du plateau de Migaria s’étend d’est en ouest sur 13 kilomètres. Sa largeur avoisine 5 à 6 kilomètres. La rivière Khobikhali le limite au nord dans une vallée située à environ 300 m d’altitude. Le plateau se redresse vers l’est en passant de 1000 à 1838 m. Le bloc oriental, séparé du plateau par un col, culmine à 2024 m. C’est bien sûr sur ce secteur que les formes de l’exokarst sont le mieux visibles.

Le flanc nord du massif est abrupt, souvent en corniche dans la partie nord-est. Par contre le côté sud s’étire longuement et est entaillé par plusieurs torrents, mais ce secteur nous est totalement inconnu.

Le climat est montagnard l’hiver : l’enneigement est important au dire des locaux. Pendant l’été le massif est par contre submergé par les masses d’air surchauffées de la grande plaine qui s’ouvre sur la Mer Noire : ce "microclimat subtropical" est très orageux. Les précipitations semblent abondantes et bien réparties, mais nous ne possédons aucune donnée objective sur le massif.


Dans l’étage inférieur, la végétation est plutôt méditerranéenne (buxaie dense dominante jusqu’à 500 m, troncs très gros à croissance rapide).

La forêt de lauriers, dense jusqu’à l’impénétrable, prend le relais jusqu’à 1600 m. Elle s’éclaircie sous la futaie de hêtres (souvent 1,50 m de diamètre) et se mêle souvent aux châtaigniers (« casta » en mingrélien !). Les résineux apparaissent vers 1400 m et couvrent naturellement les hauteurs. L’homme entretien quelques clairières dans la partie moyenne du plateau pour l’estive, ainsi qu’entre le col de Migaria et le sommet. Le flanc sud, zone de pacage proche des villages, est évidemment très dégradé par une déforestation ancienne. Aujourd’hui la menace sur ce milieu provient de l’exploitation peu raisonnée des hêtres et des châtaigniers pour l’exportation. La seule limite tient encore dans l’archaïsme des procédés (hache, animaux de trait) mais les trop nombreux chemins tracés avec des engins à chenille accélèrent l’érosion.

Nous ne possédons toujours pas de données géologiques traduites sur le massif qui est recouvert de calcaires crétacés, riches en fossiles et noyaux de pyrite. Nos contacts géorgiens collectent les études géologiques universitaires sur le secteur, et nous pensons aussi que c’est en Russie que nous en trouverons.

Le camp a été installé dans une estive sur le bord nord-ouest de la cuvette du grand plateau.

 

Cartographie du Massif de Migaria

 

La cartographie du massif à été réalisé suite à l’expédition de 1998. Elle à pour origine la carte Russe au 1/50 000 établi en 1942 et révisée en 1977. La carte a été digitalisée avec le logiciel de dessin Microstation. L’expédition de 2001 a permis de contrôler la précision de la carte avec le GPS (ou le contraire !). Tous les points de contrôle furent relevés en longitude et latitude. Nous estimons la correspondance entre la carte et nos mesures suffisantes pour le travail de localisation. Le GPS n’étant pas d’une précision exemplaire en altitude, (quoiqu’il n’ait que 5 mètres d’écart sur le sommet de Migaria) nous sommes obligés de nous fier aux altitudes de la carte, sans grande incohérence d’ailleurs.